mercredi, 15 septembre 2010

Sur Flanders.be, Brussel est la capitale de l'État fédéral flamand.

Sur le site Flanders.be, version française, lorsqu'on clique sur «Faits et Chiffres», (juste à-côté de «Politique international (sic)»), et ensuite sur «Brussel (Bruxelles)», on découvre un texte assez étonnant que je vous livre : «La Flandre a résolument opté pour Brussel (sic) comme capitale de l’entité fédérée flamande. Historiquement, Brussel (sic) a toujours été une ville multilingue où la culture néerlandophone a même fait autorité pendant tout un temps. Aujourd’hui,Brussel (sic) est une ville cosmopolite qui voit cohabiter de nombreuses nationalités. Brussel (sic) est également le siège de nombreuses institutions internationales. Les immeubles du Parlement européen, de la Commission européenne et du Conseil des ministres dominent le paysage urbain autour du rond-point Schuman et du parc Léopold. Brussel (sic) abrite aussi le quartier général de l’OTAN.»


Connaissant la valeur cachée de «Brussel» (à savoir l'accaparement de Bruxelles par la Flandre, en tant que soi-disant capitale pour les plus «neutres» ou, chez les radicaux, de ville à reflamandiser), on se demande s'il n'y a pas là une provocation manifeste. Plus étonnant, le même principe est appliqué en anglais et en allemand. Il y a de quoi être perplexe. Rédiger «Brussel (sic) is also the seat of many international institutions» en remplaçant sciemment «Brussels» par sa traduction néerlandaise est tout le contraire d'une attitude internationaliste. Le crétin qui écrirait «Paris is een fantastische stad» ou «Elio Di Rupo is de burgemeester van Mons» se rendrait de toute évidence parfaitement ridicule. Bien sûr, ni Paris, ni Mons ne font l'objet d'un enjeu ethnique comparable à celui qui pourrait, un jour, déchirer «Brussel».

On peut aussi s'interroger sur la portée de l'affirmation «langue : néerlandais», affichée juste à côté du texte sensé présenter une ville à 88 % francophone de fait (et à 68 % de langue maternelle). Elle a de quoi énerver dès lors que la Flandre présente ici Brussel (Bruxelles) comme «sa» capitale, ce qu'elle affirme en anglais de la sorte : «Flanders resolutely chose Brussel as the capital of the Flemish federal state.» Tiens ! Erreur de traduction ou lapsus ? «federal state» signifie «État fédéral». Or, à ma connaissance, le seul État fédéral dont «Brussel» est la capitale s'appelle «België» et non «Flanders» qui, selon la Constitution belge, est une Région (region). «On notera au passage que pour être tout à fait logique avec lui-même, le rédacteur aurait dû écrire «Vlaanderen resolutely chose Brussel as the capital of the Vlaams federal state.» Car pourquoi traduire certains noms géographiques et pas d'autres ? Ce manque apparent de logique montre bien que l'objectif est une «flamandisation virtuelle» de Bruxelles, dont les noms francophone, anglais ou allemand sont purement et simplement ignorés. Cela correspond peut-être au rejet dont les expats et fonctionnaires européens font de plus en plus souvent l'objet quand ils veulent s'établir en Périphérie dite «flamande».

Je posais candidement la question : «provoc ou stupidité ?» Question idiote ! Les fonctionnaires en charge de ce site seraient-ils imbéciles au point d'ignorer qu'on utilise toujours le nom des villes dans la langue du texte ? Provoc, donc, ou alors, excès de nationalisme. Ce qui est inquiétant, c'est que ce genre d'appropriation sémantique de la Capitale belge est de plus en plus courante (cartes, tourisme Vlaanderen, enz). Et tout ça, tandis que le pays se délite, et que le brave ministre-président bruxellois Charles Piqué a (enfin) reconnu que le refus de réalimenter financièrement Brussel de la part de la N-VA et du CD&V correspondait à l'application de la doctrine Maddens (relire dans mon article «la crise exposant con» le chapitre «De Bart-Maddens-doktrine»).

Si c'est ça, la Capitale (Brussel, donc) est sous blocus (financier) et, pour rappel, un blocus est en principe un acte de guerre. N'allez surtout pas en conclure qu'il y aurait lieu de monter aux barricades. Du reste, le local de la N-VA s'appelle «De Barricade» et s'est déjà pris un pavé dans la vitrine. Le parti a alors eu beau jeu de fustiger la violence de ses «adversaires». Au prochain pavé, le Francophone se verra qualifier de terroriste ce qui ne servira évidemment que les flamingants. Du reste, une guerre financière et politique ne se mène, ni ne se gagne, par la violence. Si j'insiste autant là-dessus, c'est parce que j'entends que les esprits s'échauffent, les gens sont inquiets. Dans un bus allant en Périphérie (flamande), une petite dame se demandait comment tout ça allait finir, si elle pourrait encore travailler en Flandre après la séparation. Il va donc falloir rester zen. Relever les excès des nationalistes, bien sûr, mais sans jamais tomber dans des travers semblables. Défendre les minorités francophones, évidemment, mais sans jamais oublier les autres minorités. On ne se bat pas contre le nationalisme en utilisant ses armes.

Quand j'entends Bart De Wever dire à propos de rumeurs publiées «surtout dans la presse francophone» qui lui attribuent l'échec des négociations : «ce qui se passe dans mon dos, c'est de mon cul» (sans parler du ton brutal, d'une arrogance à faire pâlir le pire des fransquillons du XIXe siècle, qu'il réserve aux médias francophones tandis que les médias flamands ont droit au Bartje sympathique et cultivé), je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il est sciemment en train de monter les communautés l'une contre l'autre pour parvenir, par une affolante démagogie, à entraîner les Flamands dans une sécession tragique dont ils ne veulent pas. Le matin, les partis nationalistes (CD&V inclus) prouvent par l'absurde qu'on ne peut pas s'entendre en bloquant des négociations échouées d'avance (sinon, expliquez-moi comment j'aurais pu prévoir leur échec dès le mois de juin — je ne suis pas le prophète Élie !) Le soir, les mêmes, au pouvoir en Flandre, remplacent «Bruxelles» par «Brussel» dans un texte en Français ou rappellent à qui veut l'entendre, surtout à l'étranger, que cette cité cosmopolite et européenne s'il en est, serait «en Flandre». Il y a des jours où on a envie de crier : «Ik ben van Luxembourg».

Merci à Huguette Maison pour le lien vers la page incriminée.

16:38 Publié dans Humeurs du Nord | Lien permanent | Commentaires (32) | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Commentaires

Marcel,

Vous dites souvent qu'il ne s'agit pas d'un combat entre flamands et francophones mais entre nationalistes et démocrates.
Admettons.

Mais ce que je ne m'explique pas c'est que vous ayiez encore envie de vivre dans la même "entitée fédérée" que ces nationalistes.

Écrit par : Bxxl | mercredi, 15 septembre 2010

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à vrai dire, j'ai aussi cette réaction... Crois tu, Marcel, qu'il soit encore possible de vivre ensemble et de se respecter? Sans la domination de l'un sur l'autre? Sans discrimination?

Est ce qu'un comportement comme celui de "Gandhi" serait une réponse à apporter?

En fait j'ai l'impression que nous sommes poussés au combat alors que nous ne le voulons pas... Un peu comme si nous nous prenions des baffes sans broncher, sans mots dire... pire en s'excusant de ne pas plaire à celui qui met les baffes...

Désolé de n'être que francophone de Belgique...
Désolé de faire quelques fautes quand je parle néerlandais.

Écrit par : pe | mercredi, 15 septembre 2010

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@Marcel
Les concepteurs du site sont des gros malins.

En effet, ils vont te retorquer que "Langue : Neerlandais" s applique a la FLandre dans sn entierete (quand on clique dessus, on a les chiffres pour la Flandre - chiffres faux par ailleurs car le recnesement est interdit depuis belle lurette).

"Ils" vont retorquer que c est concu ainsi (un frame statique lateral gauche avec divers sous-modules) mais l impression qu ils souhaitent donner est reussie : la langue a BruXELLES serait le Neerlandais... Affligeant de mauvaise foi crasse.

Avant que bema et consorts ne tentent de justifier cela comme un "detail" (comme les cartes, comme le wooncode, comme le waar vlamingen thusi zijn, comme les wallons sont trop cons pour parle NL, comme comme comme....), vous ne trouvez pas que quand il y a AUTANT de details individuels, un grand dess(e)in apparait comme pur et limpide?

Juste quand on retendait la main, bam! Ils remettent une couche. Notre patience a des limites, et elel scommencent a etre serieusement atteinte.

Écrit par : DonBlacksad | mercredi, 15 septembre 2010

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Donc les Flamands doivent dire Bruxelles en Flamand.
C'est un site Flamand ou quoi?

Les belgicistes ont deja convaincu le monde Anglais que c'est Bruges, Louvain, Ostende etc. etc. Maintenant c'est Bruxelles en Flamand.

Écrit par : traveller | mercredi, 15 septembre 2010

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Je confirme l escalade des intentions de violence en Belgique (je n ai plus un seul ami francophone qui fait la part des choses et ne souhaite pas que les flamands soient boutes hors de notre ville - je ne partage pas cette opinion (sauf dans le cas de suppression des facilites, puisque remise en question d accords passes) - mais je constate)

Mais tres peu de changements historiques se sont faits sans violence.
Il faut accepter ce fait, qu on l aime ou pas, et s y preparer.

Tout en gardant la main tendue, s il veulent plus, ils n auront pas la joue.
Mais dans l etat actuel des choses ou les neo-flamands (N-VA + VB + CDV) en rajoutent une couche jour apres jour, il FAUT se preparer diplomatiquement, mais aussi autrement.

Écrit par : DonBlacksad | mercredi, 15 septembre 2010

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ça y est, la pompe à mauvaise foi est amorcée.

Écrit par : zebigbuild | mercredi, 15 septembre 2010

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@Traveler
Ben oui, vous ne dites pas Louvain, Bruges, Ostende,.. vous? Ca sonne pourtant tellement bien...

Écrit par : DonBlacksad | mercredi, 15 septembre 2010

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Relire ce post sur FrancophonedeBruxelles relatifs à la légalité d'une "Bruxelles Capitale de la Flandre":

http://www.francophonedebruxelles.com/2008/11/bruxelles-nest-pas-la-capitale-de-la.html

Écrit par : Jilou | mercredi, 15 septembre 2010

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Marcel, j'imagine que cette nouvelle ne sera pas relayée dans la presse... comme d'habitude... et donc ne touchera que ceux qui comme les lecteurs de ce blog s'informent activement.

N'y a-t-il pas moyen de dénoncer publiquement à grande échelle cette politique d'avancée par petit coup qui passent inapperçus? Parler d'un cas isolé de "dérapage" de temps en temps n'interpelle pas les foules, au contraire on passe pour des démagos. Mais ajouter ce cas à une liste qui est citée systématiquement lors de chaque nouveauté et diffuser cette liste dans les médias pourrait peut être faire réagir l'opinion publique...

Evidemment ce n'est pas aussi spectaculaire que l'accident du jour sur la E40 ou la victoire du Standard, mais bon, faudrait quand même sortir le bon peuple de la léthargie... surtout ceux qui sont concernés au premier chef qui me semblent bien loin d'imaginer ce qui se trame dans leur dos.

Écrit par : zebigbuild | mercredi, 15 septembre 2010

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La capitale de la Région flamande qui se trouve dans une autre Région, ça fait déjà rire. Puis il y a ceux qui prétendent que Bruxelles étant la capitale de la Belgique, elle est aussi la capitale de la Flandre, et d'unes, et élargissent par la même occasion la commune de Bruxelles (capitale de la Belgique) à l'ensemble des 19 communes de la Région bruxelloise, et de deux. Selon le même principe, aujourd'hui voici que l'Otan situé à Evere se retrouve à Bruxelles.

Bref, comme d'hab, c'est n'importe quoi et on ne va pas répondre éternellement aux provocations infantiles de Bourgeois et de ses sbires. Qu'on leur donne quelques camions en plastique, quelques euros dedans et qu'ils jouent donc dans leur bac à sable à faire "nananère" et "bisque bisque". C'est plus pathétique qu'inquiétant.

Laissons donc Flanders.be faire mille petites cartes et donner ses explications tordues où la Constitution - dont l'hypocrite flamingant se réclame exclusivement quand ça sert ses intérêts pour s'empresser de l'oublier ensuite - est systématique foulée aux pieds par la petite piétaille de service placée là par Geert Bourgeois, le maître de la propaganda abteilung névrosé qui se bat contre son propre nom.

De toute façon, tous les Belges savent déjà à quoi s'en tenir et quel étranger irait s'égarer sur un site consacré à la Flanders dont il se contrefiche éperdument, ne connaissant que Bruxelles qu'il trouvera ici (http://www.bruxelles.irisnet.be/) ou la Belgique qu'il trouvera là (http://www.belgium.be/).

Alors laissons croire les Béguines. Comme disait Chirac, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre, pour rester dans un registre qui plairait sans doute à den Dikste Mens.

Sur leur site, on notera encore ceci :

"Pour résoudre de manière pacifique les divergences de vues et les conflits d’intérêts croissants, une forme unique de fédéralisme a été élaborée en Belgique : le pays a été subdivisé en communautés et régions dotées de compétences et de moyens. Il existe donc trois régions territoriales et trois communautés linguistiques : la Communauté flamande, la Communauté française et la Communauté germanophone."

Comme c'est beau, quel angélisme... "pour résoudre de manière pacifique etc"... C'est merveilleux. Puis on nomme les trois Communautés, en ne citant évidemment surtout pas les trois Régions, même un Inuit presbyte risquant de comprendre instantanément l'incohérence totale des positions flamingantes.

Belachelijk !

Écrit par : Maurice Rice | mercredi, 15 septembre 2010

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@Marcel

Voici qui conforte l'idée du semeur de zizanie tragique : dans l'interview de "mon cul", BDW dit aussi : "Il y a ceux qui veulent couper la Belgique en trois, je pense que c'est un chemin qui nous mène rapidement à la séparatisme, mais d'une façon qui est terrible pour tout le monde"

http://www.vimeo.com/14687177

Cette déclaration est pour le moins déplaisante, pour ne pas dire inquiétante, d'autant qu'une fois de plus la faute en reviendrait à un seul camp ; l'option opposée (càd. couper la Belgique en 2) étant -- sous entendu -- moins terrible. En vertu de quoi le serait-elle, moins terrible ? De la passivité des Bruxellois à se laisser phagocyter ? De l'indifférence walllonne ? Ou de la bienveillance du nord qui obtient satisfaction ?

La prudence s'impose -- à tous -- dans l'usage des mots. Sinon gare aux maux.

Par ailleurs, n'est-il pas fatiguant d'entendre dire des néerlandophones (Flamands, vous avez dit Flamands ?) qui ont voté NVA qu'ils n'ont pas voté pour le séparatisme ?
S'ils votent pour un parti séparatiste, qu'ils ne s'étonnent pas à l'arrivée. A moins d'être irresponsables.

Écrit par : Axel | mercredi, 15 septembre 2010

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@ Traveller : c'est dans la partie en français de leur site qu'ils appellent Bruxelles « Brussel ». Qu'un site francophone fasse l'inverse dans une page néerlandophone, et c'est quasi une déclaration de guerre aux yeux des Flamingants…

Écrit par : Franck Pastor | mercredi, 15 septembre 2010

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@ Marcel : les Néerlandais appellent Mons… Mons. Ils doivent avoir moins de complexes que les Belges, en somme…

Écrit par : Franck Pastor | mercredi, 15 septembre 2010

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… et quand je dis « Belges » je parle aussi bien des Flamands que des Francophones.

Écrit par : Franck Pastor | mercredi, 15 septembre 2010

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@Bxxl : j'ai toujours envie de vivre dans le même pays que les Flamands, si c'est économiquement, moralement et patriotiquement possible. Aucun "peuple" n'est majoritairement nationaliste, tous sont influençables. Et, oui, si un grand leader nationaliste aussi fin que Bart De Wever émergeait en Wallonie, il pourrait avoir beaucoup plus de succès qu'on ne le croit.

Écrit par : Marcel Sel | mercredi, 15 septembre 2010

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@traveller : dans le texte en français, il y a lieu d'écrire Bruxelles et non Brussel. Je n'écrirais jamais «Bruxelles is een aangename stad», mais bien «Brussel is een aangename stad».

Écrit par : Marcel Sel | mercredi, 15 septembre 2010

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@zebigbuild : j'ai écrit Walen Buiten pour ça. Il est bien distribué, mais certains journaux ont refusé d'en parler.

Écrit par : Marcel Sel | mercredi, 15 septembre 2010

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@Axel : oui, toute l'interview est invraisemblable. Ou plutôt, montre bien que j'ai raison depuis trois ans.

Écrit par : Marcel Sel | mercredi, 15 septembre 2010

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@Franck : vous avez passé de bonnes vacances ?

Écrit par : Marcel Sel | mercredi, 15 septembre 2010

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En fait, s'ils avaient mis, entre parenthèses, le nom flamand, accompagnant le nom dans la langue considérée, ce serait sans doute plus acceptable. En effet, ils ont une culture néerlandophone, c'est indéniable. Mais, en parallèle au respect demandé, les responsables de ce site devraient également respecter leurs lecteurs.

A moins qu'il n'y ait si peu de visites qu'ils n'y prêtent pas plus d'attention?

Plus sérieusement, je trouve que ce problème peut encore être poussé plus loin. En effet, constatons sur nos autoroutes. Tous les noms "flamandisés" sont les seuls présents sur les autoroutes régionales flamandes! A contrario, en région wallonne, pour peu qu'on se rapproche de la frontière linguistique, on peu souvent constater la présence de panneaux bilingues.

Encore plus fort: prenons le cas de l'Allemagne. Pour eux, Liège s'appelle "Lüttich". Eux, au moins, sont moins étroits d'esprits, ils pensent que certains pourraient utiliser, comme référence, "Liège" et l'indiquent donc entre-parenthèses.

En regardant les panneaux autoroutiers flamands, je me dis qu'un personne non-informée de la discrimination serait bien perdue! Vous imaginez: un français essaie d'atteindre Mons et ne trouve que Bergen, alors qu'un Allemand cherche Tournai mais ne trouve que Doornik.

De plus, dans la nomenclature internationale, Brugges reste Brugges en Anglais comme en Allemand, Antwerpen devenant Antwerp en Anglais, par contre. Allez-vous donc également ostraciser les anglophones de Flandre car ils ont changé un nom? Mais pour en revenir à "Bruges", c'était un port important dès le milieu du XIIIème siècle. L'élite locale parlant principalement français, le nom francisé est resté très longtemps (et les Français de France l'utilise encore tel quel).

Le cas de Bruxelles est, quant à lui, très particulier. L'article de Flanders.be le rappelle bien, là se trouvent le siège de la Commission Européenne, le siège de l'OTAN, de grandes multinationales,... La traduction du nom dans différentes langues date d'un sacré bout de temps et est le résultat (comme beaucoup de noms) d'une longue histoire (proximité des commanderies teutoniques pour les Allemands,...). Et comme je l'ai dit, s'adapter au lecteur est le moindre des respects.

[sarcasme]Bon, je vous laisse, je dois aller râler sur les Anglais qui ont changé le nom "Londinium" pour "London", sur un forum latiniste. Et sur un forum Allemand pour me plaindre du changement de Königsberg en Kaliningrad. Et aussi du changement de Straßburg en Strasbourg.[/sarcasme]

Écrit par : Cédric G-L | mercredi, 15 septembre 2010

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Scène vécue ce matin, à Bruxelles.
Mon épouse (Suisse de passage par la Belgique) : - Bonjour, je voudrais un billet pour Malines SVP
Le guichetier : - Vous voulez dire Mechelen ? Malines n'existe pas, madame.

Écrit par : blo | mercredi, 15 septembre 2010

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Les panneaux de signalisation sont là pour aider le voyageur, qui, par définition, n'est pas toujours local. Et non pour le contraindre à apprendre une langue (à 120 km/h ?), à fortiori dans un pays où la 'frontière' linguistique est traversée plusieurs fois sur un tout petit territoire.

La radicalisation de l'usage des langues a d'abord été institutionnelle, notamment par l'application de ce système dangereux (combien d'automobilistes perdus, combien d'accidents ?). Ce n'est qu'ensuite que l'intolérance s'est manifestée entre personnes, de façon heureusement, selon mon expérience, très sporadique.

En Iran, les plaques routières sont en farsi... et en anglais (la langue du 'diable') !
Exemples : http://www.pbase.com/bmcmorrow/kashan&page=all
http://www.pbase.com/bmcmorrow/tehran
(Jusqu'à se soucier de sa sécurité : http://www.pbase.com/bmcmorrow/image/57976339 )

Écrit par : Axel | mercredi, 15 septembre 2010

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@ blo

Autre scène dans le même contexte.

Mon épouse (d'origine asiatique) demande au guichet de la gare du Midi un horaire de train en français. Il est épuisé. La préposée néerlandophone le lui remet en néerlandais en lui précisant : 'Bruxelles est une ville bilingue, madame'.

A la gare de Gand, on refuse de lui parler une autre langue que le néerlandais.

Après les efforts qu'il lui a déjà fallu pour apprendre à s'exprimer en anglais puis en français.

Allez apprendre le mandarin en Chine pour vous faire rabrouer en cantonais.

Écrit par : Axel | mercredi, 15 septembre 2010

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On entend souvent dire: les Belges veulent encore majoritairement vivre ensemble tant au Nord qu'au Sud. C'est justement là que le bât blesse. Pour les francophones, vivre ensemble signifie garder la Belgique en l'état et même refédéraliser un maximum de compétences. Pour 70% de Flamands, la Belgique représente certes une valeur ajoutée mais avec un pot commun réduit à l'armée, au Roi, aux affaires étrangères et aux Diables rouges (et encore, pas pour tous). C'est un dialogue de sourds! Autrement, une solution aurait déjà été trouvée depuis longtemps.

Écrit par : francolâtre | mercredi, 15 septembre 2010

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Mais non, pas pour Machelen ! Pour Melines !

Écrit par : Jean-Marc L. | mercredi, 15 septembre 2010

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un autre site sur Bruxelles en 4 langues, lié à flanders.be mais émanant de la très officielle Raad Vlaamse Gemeenschapscommissie (Assemblée de la Commission communautaire flamande):

http://www.bruselo.info/

Beaucoup de renseignements. On peut lire entre autre un article de Harry Van Velthoven:
"Bruxelles, une ville flamande francisée devenue bilingue et multiculturelle."
http://www.bruselo.info/hvv5FR.asp?strTaal=FR

Écrit par : 2B | mercredi, 15 septembre 2010

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@2B : ce qui est dingue, c'est l'image du FDF et le commentaire présentant le parti comme haineux et raciste. Sur un site "gouvernemental", c'est invraisemblable ! Et hop, un billet !

Écrit par : Marcel Sel | jeudi, 16 septembre 2010

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Cet extrait est pas mal non plus (une déclaration faite par de grandes figures littéraires flamandes datant de 1976 mais l'auteur estime qu'elle est toujours d'actualité):

"...Chacun devrait savoir que géographiquement, Bruxelles n'est pas une ville frontalière mais est entourée de toutes parts par le territoire flamand ; qu'historiquement, Bruxelles est une ville flamande, aussi flamande qu'Anvers et Gand, et que son illustre patrimoine culturel est flamand.
Chacun doit savoir que la francisation de Bruxelles est plutôt récente et que cette francisation n'était pas un phénomène naturel, mais a été imposée sous la pression socio-économique..."

http://www.bruselo.info/dbu1FR.asp?strTaal=FR

Moi qui voyait à première vue un truc relativement modéré et objectif, je me demande si c'est pas une nouvelle mine d'or de propagande gouvernementale douce ?

Écrit par : 2B | jeudi, 16 septembre 2010

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Oups pas vu qu'un nouveau topic/billet avait été créé. Je re-poste de l'autre côté...

Écrit par : 2B | jeudi, 16 septembre 2010

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@Blo : "bonjour, je voudrais un billet pour Alger". "Alger n'existe pas, c'est Al-Jaza'er". bonjour, je voudrais un billet pour Moscou". "Moscou n'existe pas, c'est Moskva". Et Londres ? Non, c'est London. Und Genf ? Nein, besteht nicht. Man sagt Genève.

Pffff. Ça dégénère dans le gros n'importe quoi !

Écrit par : Marcel Sel | jeudi, 16 septembre 2010

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@2B : oui, et l'info vient de vous :-)))

Écrit par : Marcel Sel | jeudi, 16 septembre 2010

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@Marcel: En même temps, avec un lien pareil, la page ne risque pas d'être fort plébiscitée par Google. Rassurant non?

Écrit par : MC MICH | jeudi, 16 septembre 2010

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